Reconstruction après traitement conservateur

On définit le traitement « conservateur » du cancer du sein par l’association d’un geste chirurgical partiel sur le sein (exérèse de la zone glandulaire concernée par la tumeur : « tumorectomie » ou « zonectomie », associé très souvent à un curage axillaire) et d’une irradiation des tissus concernés (radiothérapie du sein). Ce traitement peut-être dans certains cas, précédé ou complété par une chimiothérapie, et parfois suivi d’une hormonothérapie (suivant le statut des récepteurs hormonaux de la tumeur).

Photographie d'une femme dissimulant une reconstruction mammaire après un traitement conservateur (mastectomie partielle)

Actuellement, la généralisation du dépistage des petites lésions permet à un nombre plus important de patientes de bénéficier d’un traitement conservateur ou mastectomie partielle. Par ailleurs, l’utilisation de traitements préopératoires (chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie) permet d’étendre les indications du traitement conservateur à des tumeurs plus volumineuses. Ces traitements conservateurs entrainent des séquelles esthétiques.

Le lipofilling après un traitement conservateur

Le lipofilling du sein, c’est à dire l’injection de votre propre graisse, est en cours d’évaluation dans cette indication. Il donne d’excellents résultats esthétiques et les suites opératoires sont simples.

Le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS) de Janvier 2015 sur l’évaluation des conditions de réalisation du lipofilling des seins en reconstruction mammaire après mastectomie partielle ou traitement conservateur retient les contre-indications suivantes :

  • une absence de rémission locale, mise en évidence par un examen clinique et/ou un bilan préopératoire radiologique mammaire anormal (ACR 3, 4, 5 ou 6)
  • une maladie métastatique non contrôlée
  • une résection de la tumeur non in sano, ce qui est contraire aux recommandations sur le traitement conservateur du cancer du sein, mais qui est encore observée dans la pratique des membres du groupe travail
  • un délai de moins de 2 ans après complétion des traitements locaux des traitements conservateurs incomplets, que ce soit sur le plan chirurgical, radiothérapeutique ou médical (notamment l’hormonothérapie).

Le bilan préopératoire d’une autogreffe de tissu adipeux dans le sein en chirurgie réparatrice, après chirurgie conservatrice d’un cancer du sein, devrait être réalisé au maximum 4 à 6 mois avant l’intervention et devrait comprendre une mammographie, une échographie mammaire et axillaire ainsi qu’une IRM. Le bilan postopératoire, réalisé 1 an après l’intervention, devrait comprendre une mammographie et une échographie mammaire et axillaire. Après 1 an, la patiente rejoint le bilan classique de suivi après traitement d’un cancer du sein.

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